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Parc Jean-Jacques Olier |
COMPTE-RENDU PAR BRONWYN CHESTER DE RENCONTRES DOLORES LALIBERTE - le 20 avril 2006Renseignements biographiques Jeune fille, Dolores habitait au 3981 de la rue Drolet, la seule fille dans une famille de six enfants. Elle vivait en face de la maison de M. Daveau, le livreur de glace qui souffrait d’épilepsie. Lorsque M. Daveau sentait venir une crise, il se couchait sous son cheval qui attendait, tout en protégeant son maître, que la crise passe. L’étable de ce cheval exceptionnel était située derrière la maison au sud de celle de Dolores. Le cheval partageait ce local avec un copain dont les services étaient utilisés par un voisin, M. Stuger, qui avait une calèche. Au nord de la maison de Dolores vivait un rabbin et Dolores se rendait chez lui chaque vendredi soir afin de fermer les lumières et, le cas échant, mettre en marche le chauffage à gaz. Le samedi matin, elle faisait l’inverse, puisqu’il était interdit au rabbin et à sa famille de travailler le jour du Sabbat. En échange, on lui laissait quelques sous sur le coin de la table et Dolores en profitait pour acheter des bonbons dans le petit magasin en face de chez elle. Dolores recevait aussi un peu d’argent lorsqu’elle répondait au téléphone de la dame qui habitait de l’autre côté de la rue. Cette dame, aux mœurs légères, était souvent trop occupée pour répondre aux appels de ses clients. Un jour que Dolores se trouvait dans la maison, la dame est sorti de sa chambre à coucher, nue sous son peignoir. Il y avait un homme dans la chambre. Dolores en a parlé à sa mère, qui lui a interdit de retourner chez cette dame. Quelques années plus tard, Dolores a appris que cette dame était aussi une « faiseuse d’anges », c’est-à-dire qu’elle pratiquait des avortements. « Tout le monde se connaissait et nous savions tout au sujet des gens » a-t-elle dit. Lorsqu’il faisait froid, un des frères de Dolores se tenait « chez le Chinois », c’est-à-dire, la buanderie chinoise au coin des rues Drolet et Roy, parce que c’était l’endroit le plus chaud du quartier. Rosalind Stiman, la voisine d’en haut et la fille du propriétaire, est devenue un artiste peintre et elle a fait plusieurs tableaux illustrant des maisons du quartier, y inclus celle au 3981. Dolores a débuté ses études primaires à l’École St-Louis-de-France au coin des rues Roy et Hôtel de Ville (l’édifice est maintenant une coopérative de logements), alors que ses frères ont fait leurs études à l’École Jean-Jacques-Olier, alors réservée aux garçons. Elle se souvient aussi que les enfants juifs faisaient leurs études à l’École Aberdeen, un très bel édifice en pierre qui a été démoli afin de faire place à l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec.
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